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jeudi 13 janvier 2011

2011-01-13 Mwanza - Benako - Rusumo - Kigali


A 4h45, le réveil sonna. Je sautais dans un taxi et a 5h20, j'en descendais sur le bord de la route, sur un terrain vague sans aucun éclairage. C'était de la que partait les autobus de la compagnie «Zuberi». A 5h30, un des bus stationnés au fond du terrain se mit en marche. Mon sac a dos prenant trop de place dans l'allée, un jeune homme l'nstalla péniblement dans une soute, juste au dessus du réservoir de diesel. J'espérais alors qu'aucune fuite laisserait s'échapper du combustible sur mon sac, faute de quoi je serais bon pour le changer! Et étonnement, alors qu'aucun passsager n'était encore arrivé, les soutes étaient déjà «pleines»...

A 6h00 précises, le bus rempli (5 sieges de large et du monde debout!), nous nous élancions. Hier, en achetant mon billet, j'avais bien précisé au vendeur que je ne voulais surtout pas etre en arriere (j'ai déjà donné en venant d'Arusha!). J'avais donc la place B1. Peut-etre un des rares a réellement avoir un numéro de siege sur mon billet...

La route était bonne. Le trajet devait durer 8 heures, donc arrivée prévue a Benako, a 20 kilometres de la frontiere rwandaise, aux environs de 14h00. Apres 4 heures sur l'asphalte, cette derniere disparut et laissa la place a de la piste. Mais assis en avant, l'éxpérience était presque agréable. Nous traversions des villages isolés de tout et dont la piste constituait le seul lien avec la vie.

Porteuses d'eau
Environ une heure apres etre partis, le bus s'immobilisa. Je me reveillais, un peu perdu, alors que tout le monde descendait. On me fit signe de descendre aussi. La route etait separee par un fleuve que l'on traverse en bac. Je me suis donc mis dans la file pour acheter mon billet de traversee et me suis dirige vers l'embarcation. Quelques bus ont embarque et nous avons eu droit a une "croisiere" d'une quinzaine de minutes. Aussitot arrives sur l'autre rive, le chauffeur jouait deja de l'embrayage pour faire decoller son bus.

Environ 2 heures plus tard, le bus s'arreta sur le bas coté. Le jeune qui donnait les billets s'adressa a voix haute aux passagers et une qunizaine d'hommes descendirent. On ouvrit les soutes et le bus fut vidé de son contenu: des ballots de vetements, des valises, des moteurs, etc. Sur le bas coté, en avant de nous, des voitures attendaient quelquechose. On y entassa les hommes dedans (entasser, le mot est faible!) et les véhicules s'en allerent. Ils revinrent quelques minutes plus tard, vides. On y entassa alors la cargaison précédemment sortie du bus et les voitures partirent a nouveau. Je pensais que ces personnes habitaient un village plus loin dans la brousse et que des taxis les y emmenaient avec leurs marchandises alors que le bus ne pouvait y accéder.

L'opération prit une bonne demie-heure. Une fois le bus vidé d'une bonne partie de ses passagers et de ses marchandises, il s'élança de nouveau. 2 kilometres plus loin, nous nous arretions a nouveau: contrôle de police. Un policier monta dans le bus en arborant un large sourire, fit semblant de regarder et en redescendit aussitot. Il y avait de la complaisance dans l'air...

Vendeurs de charbon le long de la piste
Nous sommes repartis et 3 kilometres plus loin, arret. Un poste de pesée. Le bus monta sur la balance. Essieu avant. Essieu arriere. Une fois l'aval du controleur reçu, nous reprenions la route. Pas pour longtemps! Car 1 kilometre plus loin, sur le bord de la route, se trouvait un groupe d'hommes... et de marchandises. Les memes que nous avions péniblement débarqués quelques kilometres plus tot. Et la manoeuvre inverse eut lieu: on ouvrit les soutes pour y entasser ballots, valises et moteurs, les hommes reprirent leur place en arriere du bus et nous repartions, une fois de plus, en direction de Benako. En fait, tout le stratageme consistait a surcharger le bus au départ, le vider pour passer la pesée et etre conforme, avant de recharger le tout et de finir la route. Tout le monde était au courant. Je comprenais alors en une seconde pourquoi les soutes étaient pleines avant le départ, pourquoi le policier avait feint une inspection avec son sourire aux levres...

Piste africaine
Malgré la piste parfois cahotique, je tombais endormi. Dehors, la pluie s'abattait. Il faisait chaud et humide, zone équatoriale oblige. Les vibrations du bus me donnaient l'impression d'etre dans un fauteuil massant! Tout a coup, je sentis le bus s'immobiliser. Une voix cria «Benako, Benako, Benako»! Il était 14h30 et j'étais arrivé. En sursaut, je pris mon sac a la main et descendais sous la pluie, les yeux encore pleins de sommeil. Un certain feeling d'etre en plein reve. Ou en plein cauchemar, ça dépend... Le jeune des billets avait déjà ouvert la soute et il ne me restait qu'a prendre mon gros sac a dos. Par chance, le bouchon du réservoir de diesel avait tenu bon!
Benako
Lorsque j'ai pris mon billet de bus, je croyais que Benako était un village assez important puisque proche d'une frontiere (en plus, il apparaissait sur la carte du «lonely planet»!). Par la suite, j'avais fait une recherche rapide sur l'endroit: «un alignement de cabanes le long d'une intersection menant a Rusumo, le poste frontiere entre la Tanzanie et le Rwanda». La description correspondait bien a l'endroit, et l'endroit correspondait bien a la description. Pour etre bien honnete, je me sentais a ce moment précis tres proche du «nowhere». La pluie qui tombait avait transformé la terre en une boue rouge épaisse et collante. La vie était au ralenti. Quelques motos circulaient de temps en temps. Je me suis abrité sous la bache d'un «restaurant» (disons d'une petite terrasse boueuse avec 2 tables ou une dame servait quelques mets dont je ne pourrais expliquer la préparation). Entre 2 averses, je me suis dirigé vers la «guest-house» de la place. La seule et unique. Un monsieur m'accueilla gentiment. 5000 shillings la chambre (environ 3$). Spartiate mais propre. Pour se laver, on fait chauffer de l'eau dehors sur le feu et on se nettoie dans une petite piece ou je me passerai d'aller. Pour les toilettes, c'est la petite piece en béton avec le trou parterre. Mais pour une nuit a 3$ au fin fond de l'Afrique, le tout sera parfait.

N'ayant toujours pas de nouvelles pour mon visa et puisqu'il n'y avait pas d'Internet a Benako, j'ai appelé directement au bureau de l'immigration de Kigali pour avoir des nouvelles. Apres de nombreux appels infructueux, j'ai finalement obtenu quelqu'un qui m'a expliqué que ma demande était en cours de traitement. «Super, merci, mais est-ce que je vais avoir une réponse rapidement? - Ça peut prendre jusqu'à 3 jours. Alors peut-etre demain... rappelez demain matin». La situation était la suivante: j'ai fait ma 2e demande mercredi matin. Nous sommes jeudi soir et je suis a 8 heures de bus de la vie. La réponse peut prendre jusqu'à 3 jours. Si je n'ai pas de réponse d'ici a demain matin (vendredi), alors elle ira au prochain jour ouvrable... soit lundi. Mais entre vous et moi, je ne me voyais pas passer une fin de semaine complete a Benako. Alors j'ai échaffaudé un plan B: en cas de non réponse demain matin, je ne passerai pas par le Rwanda et remonterai la Tanzanie (en rebroussant un peu mon chemin), je longerai le lac Victoria vers le nord et me rendrai directement en Ouganda. Mais en attendant, je tombais de sommeil (chaleur ou stress... ou les 2!). Une sieste s'imposait.

Vers 18h00, je me décidais a allre marcher le long de ce village qui ne semble pas en etre un. Une route princioakle asphaltée et des embranchements en terre. Cette terre rouge si typique. La brume tombait tranquillement sur Benako. En passant, les gens me saluaient, me souriaient, m'appelaient «muzungu» (ce dont je rigolais avec eux). Je prenais des photos. Quelle chance de pouvoir aujourd'hui immortaliser si facilement un voyage en fixant sur une carte mémoire ces instants éphémeres qu'on aimerait parfois voir durer une éternité tellement ils sont beaux et uniques, exotiques et inspirants.

Sur ma droite, un «mister, mister» attirait mon attention. C'était dans la cour d'une maison. Dans la lumiere qui declinait, je distinguais des hommes sous un abris en bois ajouré recouvert dun toit de chaume. Devant leur insistance, je m'y rendis. Une dizaine d'hommes étaient assis en rond. Une forte odeur d'alcool se dégageait de l'endroit. Ils étaient de toute évidence imbibés de «gongo's», un alcool blanc local peu cher et, par voie de conséquence, populaire! L'un d'eux, sobre, se présenta comme étant un professeur de l'école du village. Son érudication et ses manieres rendaient la chose tout a fait probable. Il avait le respect des autres hommes, visiblement moins éduqués (voire pas du tout). Rapidement, les enfants accouraient. J'étais l'attraction, assurément.

On me demanda de faire quelques photos, ce que je fis avec grand plaisir. Les enfants étaient adorables et tres respectueux, comme les adultes. Les plus anciens demanderent également que je les prenne en photo. Ici, ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir sa face dans un petit écran! Puis je me suis assis avec eux et l'heure qui suivit fut riche en questions: d'ou je viens, comment est le Canada, quelle langue parle-t-on, quelle différence avec la Tanzanie, etc. Tres habilement, le professeur m'expliqua que dans la culture d'ici, celui qui visite offre habituellement quelque chose aux hotes. J'ai donc offert un verre de «gongo's»  a ces gens en résistant bien de devoir en prendre un verre moi aussi. Rendu si loin de tout et surtout d'un hopital, je me suis contenté d'un Coca-cola!
Ces instants étaient magiques. Inattendus. Riches d'échange et de simplicité. En quelques minutes, j'étais passé d'un moment de doute et de stress (visa oblige) a un moment de partage, de joie et d'intéret. Les enfants avaient disparu. Je n'étais pas la juste pour profiter de ces gens mais bien pour m'intéresser a eux. Un des plus «sages» me demanda si javais encore mes parents (je pense que l'espérance de vie étant faible, les gens de mon age ont souvent perdu l'un d'eux, voire les 2), ce a quoi je répondais par l'affirmative. Il s'empressa de les bénir et de les protéger (je pense alors avoir compris un peu plus le rôle des «anciens» dans la culture d'ici). Il me baisa la main en m'offrant sa protection, ce que les autres semblerent apprécier. Quel sentiment étrange de passer tout a coup du statut de «muzungu» anonyme a «muzungu» bienvenu. Vraiment bienvenu. Voilà certainement un de ces moments qui fait de mes voyages une réussite personnelle et un besoin pour demeurrer vivant, humain, modeste et respectueux.

Apres de longues accolades en guise d'adieu, je suis reparti, dans le noir mais plein de sérénité, vers ma guesthouse. J'ai mangé dans le petit restaurant situé de l'autre bord de la route. Une assiette de riz avec des haricots rouges. Simple et efficace!

Le lendemain matin, réveil a 7h00 avec une sorte de boule dans l'estomac. Encore ce maudit visa. On m'avait demandé de rappeler a 9h00. Encore 2 heures d'attente. J'ai traversé la route pour m'assoir avec des hommes sur un petit banc de bois, au milieu de la boue. Sur un brasero, un jeune faisait chauffer du café que l'on buvait dans de minuscules tasses. Dans une tasse plus grande, on buvait en meme temps une autre boisson a base de gingembre (tres forte) et tres sucrée. Cela me faisait penser a un pub au Pays de Galles ou j'avais été étonné de voir les hommes boire en meme temps un verre de whisky et un verre de Guiness. Autre pays, autres habitudes...

8h00... des camions commençaient a défiler sur la petite route asphaltée. J'imagine que le poste frontiere venait d'ouvrir. Des dizaines de camions citernes remplis d'essence s'arretaient quelques instants. Les chauffeurs grimpaient sur leur remorque et en descendaient des pneus de camions usés. Plus loin dans le village, quelques stands faisaient du réchappage. Certainement une maniere pour les chauffeurs d'arrondir leur fin de mois en amenant des peus usagés sans valeur depuis le Rwanda et en les revendant ici aux réchappeurs.

Pendant qu'ils s'affairaient a balancer leur précieuse cargaison, une foule de jeunes accourraient, un bidon a la main. Ils s'approchaient alors des citernes et essayaient d'en extraire quelques centilitres d'essence qui se seraient échappés des vannes. C'était la un petit boulot tres en vogue par ici: vendre de l'essence de contrebande le long de la route. Cette scene appelait a mon esprit les images catastrophiques que l'on voit parfois de citernes qui explosent, creusant un immense cratere et faisant des dizaines de morts...


8h30... 8 h45... Je n'arretais pas de regarder ma montre. Apres avoir avalé quelques chapatis (une forte influence indienne se retrouve dans la région), il était temps d'appeler a Kigali. Avoir une personne fut long et laborieux. J'arrivais toutefois a parler a quelqu'un qui m'annonça la bonne nouvelle: ma demande avait été acceptée. Il me suffisait maintenant de rejoindre Rusumo, a la frontiere.

Sur la route de Rusumo
Mon sac fut bouclé en une seconde et immédaitement je longeais la route pour trouver un moyen de transport. Une moto s'arreta et rapidement, le deal était conclu. Pendant 20 minutes, nous avons monté et descendu les collines qui jalonnent la région. Des forets aérées sur un parterre d'herbe verte. Une image que je voulais voir de l'Afrique alors que nous avons souvent l'idée d'une Afrique seche, aride, désertique. En bas d'une longue descente, nous arrivions au poste frontiere. La moto est repartie et j'ai passé l'immigration tanzanienne. Je marchais maintenant dans le «no man's land» séparant les 2 pays. Un pont enjambait une riviere débittant un fort volume d'eau boueuse. Je me sentais bien. Si proche d'entrer dans un pays qui m'attire depuis longtemps pour une raison que j'ignore. De l'autre coté du pont, un homme en arme matérialisait mon arrivée au Rwanda.

A la frontiere entre Tanzanie et Rwanda
L'agent d'immigration me fit remplir le formulaire d'entrée et valida dans son ordinateur (!) mon autorisation de visa. Quelques minutes et 60$ plus tard, j'étais officiellement au Rwanda. Un minibus partait dans 60 minutes pour Kigali. J'ai changé un peu d'argent, commandé un fanta a l'ananas et commencé a lire en attendant. Rapidement, 2 jeunes sont venus s'assoir a ma table et ont engagé la conversation. A vrai dire, je suis étonné par la facilité avec laquelle les gens viennent a ma rencontre. La premiere question est toujours la meme: «d'ou venez-vous?». Alors ils posent plein de questions, souvent les memes, mais démontrent beaucoup d'intéret a converser. Sans nécessairement tomber dans le misérabilisme de leur situation ici. J'apprécie grandement mon expérience de voyage ici. Peut-etre tomberais-je meme en amour avec cette région du monde si méconnue et si stéréotypée: l'Afrique.

On s'active autour du minibus. Il est 10h20 et le départ approche. Je quitte alors ma table, en saluant mes partenaires de conversation, et file m'installer dans ce véhicule qui me conduira vers Kigali. Rwanda, me voici!

mardi 11 janvier 2011

2011-01-09 Une des pires routes au monde

A 5h15, le taxi me déposais devant les quelques bus qui étaient déjà présents, dont le mien de la compagnie «Kampala». La veille, j'avais demandé au vendeur (dumois au gars qui faisait office de porteur!) quelle était l'heure d'arrivée estimée a Mwanza. La réponse fut tout aussi complexe qu'évasive, mais je crus comprendre 18h00, ce qui faisait 12 heures de bus. Bon, de toute façon, je n'avais pas vraiment le choix, et il me fallait passer par la. Cependant, la veille au soir, nous avions mangé dans un restaurant dont la terrasse donnait sur la gare de bus, et le fameux bus rouge de la compagnie «Kampala» était arrivé a 22h30. Normalement, lorsqu'une compagnie opere sur une ligne réguliere entre 2 villes avec un temps de transport aussi long, 2 bus partent chacun de leur bord a la meme heure le matin, se croisent a mi-chemin et arrvent a peu pres a la meme heure a destination. Par conséquent, voir le bus arriveer de Mwanza a 22h30 ne présageait rien de bon...

J'avais remarqué sur mon billet que le vendeur avait inscrit un numéro de place. Donc, a priori, ce ne serait pas «premier arrivé, premier servi». Et avec la place J4, je pouvais m'attendre au pire. Comme de fait, pour trouver ma place, j'ai du me rendre jusqu'au fond du bus, a l'avant derniere rangée. Juste en arriere de l'essieu. Presque la meilleure place (qui est la derniere) pour se faire casser le dos a chaque bosse un peu raide. Il ne me restait plus qu'a souhater que la route soit... acceptable.

A 6h00 précises, le bus se mit en route. Tres rapidement, je pris la mesure du défi qui m'attendait. Le bruit était infernal. Les vitres tremblaient en menaçant a chaque instant d'exploser. Et tous les 2 kilometres se trouvaient un ralentisseur. Donc, tous les 2 kilometres, le chauffeur ralentissait un peu et hop! Par dessus le dos d'ane. Tout a coup, toutes les tetes sautaient ensemble, en arriere plus qu'en avant. Ça allait etre su sport!

A un moment, le bus ralentit plus que d'habitude, et s'immobilisa sur le bord de la route. Un homme tout de blanc vetu s'approcha de la fenetre du chauffeur. C'était un contrôle routier. La scene a duré moins d'une minute et nous avons pu repartir. Mais moins de 20 kilometres plus loins, la scene se répéta. Arret sur le bas coté et contrôle routier. En fait, chaque contrôle est spécifique a un point. Un contrôle vérifie la présence d'un  extincteur a bord. Un autre les papiers d'assurance. Un troisieme l'état des pneus. Etc. Au cours de la journée, nous avons du avoir pas moins de 20 controles routier, aussi bien dans les villages qu'en rase campagne!

Puis au bout d'environ 1 heure l'asphalte disparu pour laisser place a une piste. Ben la! On m'avait pas dit que la route n'était pas goudronnée, Et puis quoi encore! En fait, il y a actuellement un énorme projet de construction d'une vraie route entre Arusha et Singida. mais pour l'instant, ce n'est qu'une piste africaine digne des meilleures, avec sa tole ondulée, ses trous, ses ornieres, sa boue, etc. Au détail pres que nous n'étions pas dans un 4x4 mais bien dans un autobus de 45 passagers. Mais il ne faisait aucun doute que le conducteur n'avait pas noté cette subtile différence. Le mastodonte se tordait dans tous les sens. Penchait tantot a gauche, tantot a droite. Le chassis était malmené. Le moteur était a la peine. La boite de vitesse refusait parfois les changements de rapports. Et au beau milieu de tout ça, les passagers étaient brassés comme une bouteille d'«Orangina» dans une publicité réalisée par Alain Chabat: «C'est quoi le texte? AAAAAAAAHHHHHHHHHHH!» (les pubophiles reconnaitront la référence, pour les autres, cherchez «orangina alain chabat» sur youtube et vous devriez comprendre de quoi je parle! ). A l'intérieur, c'était l'enfer. Réellement.. Surtout que le chauffeur avait le pied plutot pesant malgré les conditions particulierement dégradées de la piste.

Finalement, apres 7 heures a se faire basser comme jamais, nous sommes enfin arrivés a Singida ou nous avons retrouvé une asphalte acceptable, mais toujours meilleure que la piste que nous venions d'emprunter. Nous avons fait un arret rapide pour manger et avons repris la route. Super, car si nous avions mis 8 heures dans ces conditions pour faire ce qui me semblait etre la moitié du chemin, la 2e partie devrait aller plus vite, ce qui rendait une arrivée a 18h00 probable. Mais pauvre de moi, nous n'étions pas encore a la moitié du chemin. Je ne le saurais que bien plus tard.

Qui a dit que les africains pouvaient parfois manquer de rigueur? Chose certaine, ceux de la voirie sont particulierement méticuleux et l'espacement entre 2 dos d'anes semble rigoureusement respecté. Mais notre chauffeur ne semblait plus ce soucier de ces aménagements censés nous faire... ralentir. Il survolait donc allegrement les bosses avecun rythme infernal. En arriere, nous nous cognons régulierement la tete au plafond tellement les bonds étaient grands. C'était tout bonnement incroyable. Etle plus fou dans tout ça, c'est que personne ne disait rien et acceptait la situation, tout comme en Asie. Le flegme dans sa plus belle expression!

18h00 passa sans que nous soyons arrivés. Vers 19h00, nous approchions d'une grande ville. «Tiens tiens» pensais-je. Ça semble etre pas mal bien tout ça... Mais il ne me fallu pas longtemps pour déchanter. En demandant a un passager si nous étions arrivés a Mwanza, il me regarda fort étonné et me répondit «Mwanza? Non, encore au moins 2 heures. Peut-etre 3». Ouach. Les motes venaient de tomber comme un couperet. Je n'en pouvais plus. Et ces satanés dos d'ane qui nous faisaient sauter comme des crepes. J'ai donc passé les dernieres heures les jambes tendues sur l'appui pied, le dos calé dans le dossier de mon siege, les fesses soulevées et les mains crispées l'une sur l'accoudoir et l'autre dans le fauteuil en avant de moi. La situation était devenue insupportable. Mais il me fallait passer a travers. Et meme si mes yeux tombaient de sommeil, les coups de bélier qui se succédaient empechaient tout assoupissement, aussi court fut-il.

Finalement, a 22h15, nous sommes entrés dans Mwanza, la 2e plus grande ville de Tanzanie avec pres de 3 millions d'habitants. Et moi qui avais cru un instant qu'il s'agissait d'un petit village sur les rives du Lac Victoria... A 22h30, le bus s'arreta définitivement sur le bord de la route et se vida de ses passagers. Dehors, dans le noir, quelques taxis attendaient fébrilement. Je fis ouvrir la soute qui contenait mon sac et en sorti une sorte de ramassis de poussiere. Mon sac était vraiment pourri de saleté. Les soutes n'étaient pas étanches et avaient été envahies par la poussiere de la piste. De toute façon, je ne comptais pas m'éterniser sur place. Une voiture me conduisit jusqu'à l'hotel que j'avais identifié.Les rues étaient sombres, hantées par les ombres. Le chemin en terre se mourrait sous les ornieres. La voiture sautait presque autant que le bus meme si nous ne roulions qu'a quelques kilometres par heure. Au fond d'une ruelle brillait une enseigne: «christmas tree hotel», soit «hotel arbre de noel». Quel nom, ici, perdu au milieu de nulle part.

J'y ai pris une chambre en négociant un peu le prix. J'avais juste le goût de m'écraser et de m'endormir. Rester au calme. Ne plus voir mon corps soumis a des convulsions forcées. J'ai déposé mon sac sur le sol de la chambre et me suis aperçu qu'il était plein de boue. Liquide. A l'intérieur, les dégats étaient plutot limités. Chose certaine, le sac allait devoir faire l'objet d'un bon nettoyage avant ma prochaine étape. Mais pour l'instant, la seule chose que je voulais, c'était dormir!

lundi 10 janvier 2011

2011-01-10 Mwanza

Au réveil, je me sentais mieux. Les bienfaits d'une bonne nuit de sommeil sont décidément immenses! Mon premier réflexe fut alors de memettre quelquechose dans l'estomac. En descendant, la receptionniste me tendit un petit coupon. «Tiens, le petit-dej est inclus... cool!». Bonne surprise.

Le ventre plein, il était temps d'aller me connecter a la toile pour nettoyer ma boite de courriel et répondre a quelques urgences.

En sortant de l'hotel, les impacts de la journée de bus de la veille étaient indéniables: mal de partout! Le remede nécessaire était alors un bon massage. Mais a Mwanza, il n'a pas été facile de trouver mon bonheur. Ah... si seulement j'étais en Asie, je n'aurais eu que l'embarras du choix! Apres une recherche longue et pénible, j'ai finalement trouvé au «new Mwanza hotel». Massage tout a fait acceptable pour la place et pour le prix.

Maintenant relaxé, mon travail de rédaction du blog pouvait commencer. J'ai donc erré dans la ville pour trouver une palce propice a cette étape importante du voyage. En effet, je ne répeterai pas l'importance qu'a pour moi l'écriture lorsque je voyage. J'essaye cependant de trouver un endroit agréable, calme et inspirant pour cette réalisation. J'avais choisi de passer quelques jours a Mwanza pour etre sur le bord du lac Victoria. Cela me semblait tout a fait approprié. Encore me fallait-il trouver cet endroit.

Bien que dans les terres, Mwanza est une grande ville porturaire. Sur le lac Victoria, bien sur. Ellle s'étale sur de multiples collines le long desquelles ont fleuri avec le temps des quartiers populaires. Ici, comme bien ailleurs dans le monde, les pauvres ont la vue sur l'eau alors que les riches ont les pieds dedans. Sur les presqu'iles qui avancent dans le lac, de somptueuses villas ont été construites. Certaines sont adossées aux immenses blocs granitiques qui parsement le paysage. En avant des grandes grilles en fer forgé, des gardes armés dissuadent quiconque de vouloir s'aventurer dans les lieux.

J'ai passé un peu de temps proche du débarcadere du ferry. Il y regne une activité tourbillonnante. On y prépare des marchandises qui seront exportées, comme les tomates qu'on enferme dans d'immenses paniers en osier et que l'on protege en les recouvrant de feuillages. On nettoie aussi le poisson ramené par les pecheurs. Il regne une odeur forte d'huile de vidange, de poisson et de pourriture. De grands oiseaux tourbillonnent dans le ciel et se posent proche des gens. Une sorte de mélange entre la cigogne et le pélican. Leur tete est tout abimée, malade, comme de l'eczema recouvert de cambouis. Je soupçonne que ce soit en plongeant leur bec dans des eaux souillées et en mangeant les restes des conteneurs de poubelle tout proche. Ils rodent autour des femmes qui éviscerent les poissons, guettant sans cesse un met a becqueter.

Alors que je marchais, une voiture passa a ma hauteur et s'arreta quelques metres plus loin. La tete d'une femme sortit par la fenetre. Une «muzungu», assurément, avec ses cheuveux blonds et sa meche rose. «Que fais-tu ici?» me demanda-t-elle. «Je ne t'ai jamais vu a Mwanza et je connais tous les «muzungus» ici!». «Ben, c'est parce que je suis arrivé hier». En résumé, elle m'expliqua qu'elle travaillait au Casino de Mwanza (eh oui, un Casino!) et qu'elle formait les croupiers. Elle me proposa d'y passer a 21h00. Ce pourrait etre une bonne façon d'en apprendre un peu plus sur la place. En attendant, je me dirigeais vers le «Tilapia hotel», LA place en ville. Certainement un des hotels les plus luxueux de Mwanza (demeurrons modestes, quand meme pas un 5 étoiles, mais un bon 4!), avec sa piscine et sa terrasse qui donne sur une baie du lac Victoria. Il est principaleemnt fréquenté par les expatriés travaillant dans la région. En avant de l'hotel, une ribambelle de gros 4x4 lettrés au nom de grosses compagnies minieres, de BTP ou de génie conseil. J'avais trouvé ma place pour écrire. J'ai donc écris, et les heures ont défilé...

Le soir, je suis retourné poser mon sac a dos a l'hotel, j'ai mangé quelques brochettes dans la rue et je me suis dirigé vers le Casino. Petit Casino. Quelques machines a sous. 2 tables de roulette, 2 de poker et 2 de blackjack. La petite blonde a la meche rose était perchée sur un haut tabouret entre les 2 tables de roulette. Elle vérifiait le travail des croupiers. Travail étonnant. En attendant sa pause, j'ai regardé. Contemplé. Scruté. Je me suis beaucoup étonné de voir des gens jouer dans un pays d'Afrique. Pur réflexe stéréotypique. Car apres tout, la ou il y a des gens, il y a toujours de l'argent. Les clients étaient principalement chinois et indiens. A sa pause, la «surveillante» m'en expliqua un peu plus. Elle est polonaise, travaille dans l'industrie du jeu depuis plus de 10 ans et a postulé sur ce contrat au Rwanda pour former et surveiller les croupiers du Casino. 1 an. Peut-etre 2. Et pourquoi pas plus... Tous les surveillants sont étragers. Je lui demande si le Casino vient d'ouvrir pour avoir besoin de former les croupiers. Elle me répond que le Casino est  ouvert depuis 7 ans et que le roulement de personnel est tres important. Je trouve cela étonnant car selon moi, avoir un emploi au Casino doit etre valorisant, gratifiant, et certainement plus payant que vendre des bananes ou cirer des chaussures dans la rue. Elle me répond en m'expliquant le manque de fiabilité de la part des employés, le manque de loyauté, et la nécessité de les encadrer de proche. Voilà pourquoi les surveillants sont kenyans, polonais et autre.

Depuis plusieurs mois qu'elle est ici, elle connait les joueurs par leur nom et se fait parfois leur complice faussement intéressée. Elle ne se gene également pas pour les remettre a l'ordre lorsqu'ils abusent des croupiers en les insultant ou en les humiliant. Il y a le juif propriétaire d'une bijouterie, l'indien gérant de restaurants. Puis ces chinois qui sont la tous les soirs a jouer des sommes importantes sans qu'on sache ce qu'ils font ni comment ils gagnent leur argent. Selon moi, ils travaillent dans les infrastructures majeures, comme les routes, que le gouvernement sous-traite avec le dragon chinois.

J'ai passé la quelques heures a regarder des milliers de dollars se dépenser. Se gagner. Peronnellement, je n'y ai meme pas joué 50 cents. Pas le goût de jouer. Comme si je préférais mettre ces 50 cents dans mon voyage plutot que sur une table de jeu. Puis, un peu lassé par les frasques des joueurs qui semblaient dépenser dans le seul but de passer leur temps, je suis rentré me coucher.

Le lendemain matin, la premiere chose que j'ai fait etait de laver mon sac a dos. Il sentait l'humidite et etait couvert de boue. Je suis donc monte sur le toit de l'hotel et me suis attarde a en faire un bon nettoyage. Il ne l'avait pas vole. Et sans sac a dos, point de backpacker!

Ensuite, je suis allé passer du temps sur Internet pouyr mettre en ligne mes écrits de la veille. En apres-midi, je suis retourné a l'hotel Tilapia pour continuer mon récit et j'y suis resté jusqu'en fin de journée. Une norvégienne qui était la et qui avait passé 6 mois pour une ONG me donna son point de vue sur cette région de la Tanzanie. En 6 mois ici, elle a contracté 2 fois la malaria qui est tres présente dans le coin, présence du lac oblige. Une amie a elle 5 fois... Voilà qui me refroidit assez pour maintenant mettre systématiquement ma moustiquaire lorsque je vais me coucher!

Elle m'explique également que le lac Victoria est devenu la propriété informelle de l'usine industrielle, sous capitaux étrangers, qui exploite le tilapia (ou perche du Nil). Cette espece de poisson a été introduite dans le lac et a éliminé toutes les autres sortes de poissons. Les pecheurs locaux n'ont donc plus de ressource a pecher et une grosse usine s'est installée pour pecher industriellement le tilapia qui est maintenant un produit vedette dans les pays occidentaux. Résultat: on envoie le tilapia a l'extérieur et les locaux ne peuvent plus se suffir de leur peche. Autre sujet de discorde: les mines. La région est riche en or. Une grosse compagnie canadienne, la «barrrick gold» (chut, doucement, il y a plein de personnes autour qui travaillent dans les mines) exploite un énorme gisement non loin de la. Cependant, les impacts écologiques sur la région et sur le lac sont énormes, entres autres a cause de la pollution produite dans le cadre de l'exploitation des filons auriferes. Bref, cela cause de graves problemes et se répercute inévitabement sur les populations environnantes. D'ou une autre source de mécontentement. Bref, la colonisation n'est plus. Mais c'en est une autre  qui a pris la place sous une forme différent. Plus sournoise, certainement...

Le troisieme jour, je suis retourné une fois de plus a l'hotel Tilapia pour finir mon récit sur le Kilimanjaro. Je me suis alors rappelé d'un détail important de mon voyage qui n'était pas réglé. en effet, j'avais fait en décembre une demande électronique pour obtenir mon visa pour le Rwanda mas je n'avais toujours pas eu de réponse alors qu'elle prend habituellement moins de 3 jours a obtenir. Prévoyant de partir le lendemain pour le Rwanda, il était urgent de réitérer ladite demande. Car sans ce précieux sésame, point de Rwanda ni de gorilles...

Il me restait a écrire l'ascension finale. Ce matin la, le vent soufflait fort sur le lac. Les averses se succédaient a un rythme infernal. L'humidité ambiante me rappelait ces journées ou, lorsque le vent soufflait de la Méditerrannée, je prenais mon scooter et allais m'assoir sur le «mole», cette grande digue qui protege le port de Sete, en me laissant envahir par les embruns. Ceux du lac Victoria sont moins salés! Il n'en demeurre pas moins que j'avais la chair de poule et que cela était tout en lien avec la desciption de notre arrivée sur le toit de l'Afrique alors qu'il faisait -15. En milieu d'apres-midi, apres un rush d'écriture de plusieurs heures, le vent avait faibli et le soleil était revenu. Ma narration finie, il était temps de me mettre a nouveau en mode exploration.

Je suis parti sans destination précise. Je savais vaguement qu'un marché devait se trouver dans un quartier de la ville. J'ai donc marché dans cette direction. Je me suis retrouvé prenant des photos de jeunes jouant au foot sur un immense terrain... vaguement vague. En me voyant, certains m'ont invité a me joindre a eux. Bonne discussion, de tout et de rien, avec des jeunes étonnés de voir un «muzungu» dans les parages. En partant, je leur ai demandé ou était le marché. «Prends la ruelle a gauche et c'est juste en arriere». La pluie avait transformé la ruelle en marre aux canards. Les gens faisaient de l'équilibrisme sur de petites roches pour ne pas tomber dans l'eau croupie et peu invitante. J'en ai fait autant et me suis finalement retrouvé dans un marché informel. Par terre, sur la boue, les gens avaient étallé de part et d'autre de la rue en terre des morceaux de plastique sur lesquels ils vendaient une production maison de tomates, d'oignons ou d'oeufs. A droite des étals de poisson. A gauche un vendeur de sacs d'épicerie a l'effigie de Barrack Obama. Tout le monde était souriant et ma présence, bien que semblant étonner, parassait bienvenue. Les sourires fusaient. Les mains s'agitaient en guise de bonjour. Lorsque la situation le permettait, et en faisant attention de ne pas froisser les gens, je prenais quelques photos ou quelques séquences vidéo.

Alors que je filmais une rue et les motos qui passaient, j'entendis quelqu'un qui m'appelait en arriere. Habituellement, je ne releve pas et bien souvent, les appels cessent. Cela est pour moi un moyen d'éviter de m'embarquer bien souvent dans des conversations sans fin. Mais la, les appels étaient insistants. en me retournant, un homme me demandait de venir le voir. Je me suis approché et une clorure en fil de fer nous séparait. Il me demanda de traverser. Toujours vigilant, je lui dit que je l'entendais tres bien de la ou j'étais. Apres m'avoir dit que j'étais en sécurité (!) et que je pouvais approcher, et devant ma réticence a aquiescer, il me dit que c'était la un poste de police et qu'il me fallait m'y présenter. On avai quelques questions a me poser. En effet, sur le haut de la barraque en arriere de lui était inscrit «poste de police de quartier». A ce moment la, votre cerveau fonctionne a 200%. Traverser ou pas. Finalement, l'endroit étant tres passant (donc potentiellement plus sécuritaire), je me suis rendu a l'entrée de la barraque. Un autre homme m'invita a entrer et a m'assoir dans un bureau. Je me doutais bien de quoi il en retournait mais il était dans mon jeu de les laisser aller. On me posa alors quelques questions d'usage: depuis quand étais-je en Tanzanie, dans quel but, quelle était ma profession, pourquoi est-ce que je prenais des photos, etc. Le grand costaud me demanda de voir mon appareil photo. Je m'exécutais en lui montrant les derniers clichés. La rue. Une scene marché. Un sac «Barrack Obama». Les jeunes qui jouaient au football. On m'expliqua alors qu'il était interdit de prendre des photos a proximité d'un poste de police. «Désolé messieurs mais je n'avais aucune idée qu'il s'agissait d'un poste de police, et si j'avais su, je ne me serais bien évidemment pas permis». A ce moment la, les 2 se regarderent et le grand me parla en swahili tout en faisant un signe d'argent. Je feint de ne pas comprendre. Il réitéra sa demande d'argent. Alors, tout en me levant avec un grand sourire, je lui ai répondu que bien malheureusement pour lui, je ne payais jamais d'argent, que j'étais désolé pour le malentendu et que la situation ne se reproduirait plus. Il sembla décontenancé par ma réponse et s'empressa de me dire «pas de probleme, de toute façon, vous etes en sécurité ici». J'espere bien mon ami! Puis il me raccompagna a la porte en me réitérant que j'étais le bienvenu et qu'il n'y avait aucun probleme. Et je me suis en allé comme j'étais venu...
 
Par la suite, je me suis dirigé vers le marché ou régnait une ambiance lourde et électrique. Le temps certainement: le ciel était a l'orage. J'ai fait quelques photos puis je suis allé réserver mon bus pour le lendemain matin pour Benako. Je navais pas encore mon autorisation de visa pour le Rwanda, mais ce n'était qu'une question d'heures et au moins, je serais proche de la frontiere lorsque celle-ci serait effective.


Le soir, apres une derniere biere sur la terrasse de l'hotel Tilapia, je suis retourné manger des bochettes dans la rue proche de mon hotel. Les jeunes étaient bien curieux de me voir assis avec eux, entassé sur le petit banc de bois dans la ruelle sombre a manger ces morceaux de viande grillée et cette omelette aux pommes de terre cuite sur le brasero au charbon de bois. Petite séance photo obligatoire. Meme le gardien Maasai (les Maasai, connus pour leur qualité de guerriers et donc pour leur excellence dans le combat, sont privilégiés dans les emplois liés a la sécurité) eu le droit de prendre une photo de ses amis. Tout un moment!

Puis l'heure du dodo était arrivée. Il me fallait etre a 5h15 au départ de l'autobus. Autant dire que le réveil serait matinal!