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mardi 11 janvier 2011

2011-01-09 Une des pires routes au monde

A 5h15, le taxi me déposais devant les quelques bus qui étaient déjà présents, dont le mien de la compagnie «Kampala». La veille, j'avais demandé au vendeur (dumois au gars qui faisait office de porteur!) quelle était l'heure d'arrivée estimée a Mwanza. La réponse fut tout aussi complexe qu'évasive, mais je crus comprendre 18h00, ce qui faisait 12 heures de bus. Bon, de toute façon, je n'avais pas vraiment le choix, et il me fallait passer par la. Cependant, la veille au soir, nous avions mangé dans un restaurant dont la terrasse donnait sur la gare de bus, et le fameux bus rouge de la compagnie «Kampala» était arrivé a 22h30. Normalement, lorsqu'une compagnie opere sur une ligne réguliere entre 2 villes avec un temps de transport aussi long, 2 bus partent chacun de leur bord a la meme heure le matin, se croisent a mi-chemin et arrvent a peu pres a la meme heure a destination. Par conséquent, voir le bus arriveer de Mwanza a 22h30 ne présageait rien de bon...

J'avais remarqué sur mon billet que le vendeur avait inscrit un numéro de place. Donc, a priori, ce ne serait pas «premier arrivé, premier servi». Et avec la place J4, je pouvais m'attendre au pire. Comme de fait, pour trouver ma place, j'ai du me rendre jusqu'au fond du bus, a l'avant derniere rangée. Juste en arriere de l'essieu. Presque la meilleure place (qui est la derniere) pour se faire casser le dos a chaque bosse un peu raide. Il ne me restait plus qu'a souhater que la route soit... acceptable.

A 6h00 précises, le bus se mit en route. Tres rapidement, je pris la mesure du défi qui m'attendait. Le bruit était infernal. Les vitres tremblaient en menaçant a chaque instant d'exploser. Et tous les 2 kilometres se trouvaient un ralentisseur. Donc, tous les 2 kilometres, le chauffeur ralentissait un peu et hop! Par dessus le dos d'ane. Tout a coup, toutes les tetes sautaient ensemble, en arriere plus qu'en avant. Ça allait etre su sport!

A un moment, le bus ralentit plus que d'habitude, et s'immobilisa sur le bord de la route. Un homme tout de blanc vetu s'approcha de la fenetre du chauffeur. C'était un contrôle routier. La scene a duré moins d'une minute et nous avons pu repartir. Mais moins de 20 kilometres plus loins, la scene se répéta. Arret sur le bas coté et contrôle routier. En fait, chaque contrôle est spécifique a un point. Un contrôle vérifie la présence d'un  extincteur a bord. Un autre les papiers d'assurance. Un troisieme l'état des pneus. Etc. Au cours de la journée, nous avons du avoir pas moins de 20 controles routier, aussi bien dans les villages qu'en rase campagne!

Puis au bout d'environ 1 heure l'asphalte disparu pour laisser place a une piste. Ben la! On m'avait pas dit que la route n'était pas goudronnée, Et puis quoi encore! En fait, il y a actuellement un énorme projet de construction d'une vraie route entre Arusha et Singida. mais pour l'instant, ce n'est qu'une piste africaine digne des meilleures, avec sa tole ondulée, ses trous, ses ornieres, sa boue, etc. Au détail pres que nous n'étions pas dans un 4x4 mais bien dans un autobus de 45 passagers. Mais il ne faisait aucun doute que le conducteur n'avait pas noté cette subtile différence. Le mastodonte se tordait dans tous les sens. Penchait tantot a gauche, tantot a droite. Le chassis était malmené. Le moteur était a la peine. La boite de vitesse refusait parfois les changements de rapports. Et au beau milieu de tout ça, les passagers étaient brassés comme une bouteille d'«Orangina» dans une publicité réalisée par Alain Chabat: «C'est quoi le texte? AAAAAAAAHHHHHHHHHHH!» (les pubophiles reconnaitront la référence, pour les autres, cherchez «orangina alain chabat» sur youtube et vous devriez comprendre de quoi je parle! ). A l'intérieur, c'était l'enfer. Réellement.. Surtout que le chauffeur avait le pied plutot pesant malgré les conditions particulierement dégradées de la piste.

Finalement, apres 7 heures a se faire basser comme jamais, nous sommes enfin arrivés a Singida ou nous avons retrouvé une asphalte acceptable, mais toujours meilleure que la piste que nous venions d'emprunter. Nous avons fait un arret rapide pour manger et avons repris la route. Super, car si nous avions mis 8 heures dans ces conditions pour faire ce qui me semblait etre la moitié du chemin, la 2e partie devrait aller plus vite, ce qui rendait une arrivée a 18h00 probable. Mais pauvre de moi, nous n'étions pas encore a la moitié du chemin. Je ne le saurais que bien plus tard.

Qui a dit que les africains pouvaient parfois manquer de rigueur? Chose certaine, ceux de la voirie sont particulierement méticuleux et l'espacement entre 2 dos d'anes semble rigoureusement respecté. Mais notre chauffeur ne semblait plus ce soucier de ces aménagements censés nous faire... ralentir. Il survolait donc allegrement les bosses avecun rythme infernal. En arriere, nous nous cognons régulierement la tete au plafond tellement les bonds étaient grands. C'était tout bonnement incroyable. Etle plus fou dans tout ça, c'est que personne ne disait rien et acceptait la situation, tout comme en Asie. Le flegme dans sa plus belle expression!

18h00 passa sans que nous soyons arrivés. Vers 19h00, nous approchions d'une grande ville. «Tiens tiens» pensais-je. Ça semble etre pas mal bien tout ça... Mais il ne me fallu pas longtemps pour déchanter. En demandant a un passager si nous étions arrivés a Mwanza, il me regarda fort étonné et me répondit «Mwanza? Non, encore au moins 2 heures. Peut-etre 3». Ouach. Les motes venaient de tomber comme un couperet. Je n'en pouvais plus. Et ces satanés dos d'ane qui nous faisaient sauter comme des crepes. J'ai donc passé les dernieres heures les jambes tendues sur l'appui pied, le dos calé dans le dossier de mon siege, les fesses soulevées et les mains crispées l'une sur l'accoudoir et l'autre dans le fauteuil en avant de moi. La situation était devenue insupportable. Mais il me fallait passer a travers. Et meme si mes yeux tombaient de sommeil, les coups de bélier qui se succédaient empechaient tout assoupissement, aussi court fut-il.

Finalement, a 22h15, nous sommes entrés dans Mwanza, la 2e plus grande ville de Tanzanie avec pres de 3 millions d'habitants. Et moi qui avais cru un instant qu'il s'agissait d'un petit village sur les rives du Lac Victoria... A 22h30, le bus s'arreta définitivement sur le bord de la route et se vida de ses passagers. Dehors, dans le noir, quelques taxis attendaient fébrilement. Je fis ouvrir la soute qui contenait mon sac et en sorti une sorte de ramassis de poussiere. Mon sac était vraiment pourri de saleté. Les soutes n'étaient pas étanches et avaient été envahies par la poussiere de la piste. De toute façon, je ne comptais pas m'éterniser sur place. Une voiture me conduisit jusqu'à l'hotel que j'avais identifié.Les rues étaient sombres, hantées par les ombres. Le chemin en terre se mourrait sous les ornieres. La voiture sautait presque autant que le bus meme si nous ne roulions qu'a quelques kilometres par heure. Au fond d'une ruelle brillait une enseigne: «christmas tree hotel», soit «hotel arbre de noel». Quel nom, ici, perdu au milieu de nulle part.

J'y ai pris une chambre en négociant un peu le prix. J'avais juste le goût de m'écraser et de m'endormir. Rester au calme. Ne plus voir mon corps soumis a des convulsions forcées. J'ai déposé mon sac sur le sol de la chambre et me suis aperçu qu'il était plein de boue. Liquide. A l'intérieur, les dégats étaient plutot limités. Chose certaine, le sac allait devoir faire l'objet d'un bon nettoyage avant ma prochaine étape. Mais pour l'instant, la seule chose que je voulais, c'était dormir!

samedi 1 janvier 2011

2011-01-01 Un nouvel an pas comme les autres

A 8h00, nous étions deja levés et douchés. Nous avalions notre petit dejeuner non sans une certaine fébrilité. Aujourd'hui, nous allions enterprendre une marche de 7 jours qui nous menerait sur le toit de l'Afrique.

A 9h00, le minibus passa nous prendre et nous conduisit jusqu'à l'agence ou nous avions réservé. En avant nous attendait une petite armée. C'était la ceux qui allaient partager notre quotdien au cours des 7 prochains jours.

Le Kilimanjaro, ou Kili pour les intimes, culmine a 5895 metres au dessus du niveau de la mer. Imaginez presque 6 kilometres a la verticale. Pour atteindre cette altitude, ce sont 6 jours de marche qui sont nécessaires. Pour ce périple, on part sérieusement accompagnés.

Tout d'abord, un guide spécialiste de cette montagne. Le notre s'appelle Gabriel. Il a accompagné des dizaines de groupes jusqu'au sommet depuis plus de 10 ans. Il a conduit des handicapés moteur sans jambes (qui sont montés munis de protheses), sans bras, aveugles, des personnes qui ont battu un record Guiness en montant a reculon, etc. Par conséquent, JM et moi devrions etre dans la catégorie ''sans défi particulier, juste atteindre le sommet''.

Pour assister le guide en cas de pépin, ou pour redescendre avec un de nous 2 afin ue l'autre puisse continuer lson ascension, nous avons également un assistat guide. Ce sera Moody. Moody est porteur mais a la distinction et la responsabilité qui lui donnent un rang bien supérieur a ses semblables.

Une équipe de montagne est un peu comme l'équipage d'un navire. La défaillance de l'un de ses membres peut impacter la condition du groupe au complet. Un cuisinier est donc essentiel pour assurer la bonne condition physique de tous et voire a ce que tous aient la force nécessaire pour passer a travers l'épreuve qui nous attend.

Pour assister le cuisinier et assurer le service et la vaiselle officiera un serveur (je sais, a pres de 6000 metres, ca paraît un peu fou, mais vous verrez que ça a du sens!).

Enfin, pour porter tous l'équipement nécessaire, 6 porteurs nous acoompagneront. En effet, imaginez quand vous partez une fin de semaine en camping. Pensez a la quantité de choses que vous devez apporter. Maintenant, imaginez que vous partez a 11 pendant 1 semaine et que vous devez tout préparer. Avez-vous déjà dans la tete d'acheter une remorque pour caser tout ça? Sur le Kili, pas de remorque. Mais des porteurs. Chacun va porter 20 kilos. Voire un peu plus si nécessaire. Alors avec Moody, ils seront 7 en tout.

Apres quelques ajustements de derniere minute, nous étions partis. Dans le véhicule, le silence était d'or. Un peu comme dans le bus qui nous amenait en colonie de vacances. Avec en plus le fait que certains de nos nouveaux amis ne parlaient pas un mot d'anglais!

Sur la route, nous nous sommes arretés acheter quelques provisions additionnelles et avons mis le cap sur ''Machame gate'', soit la porte d'entrée par laquelle nous allions pénétrer dans le parc national du mont Kilimajaro.

Soudain, l'ennvironnement changea. La savane qui nous entourait devint cultures. La sécheresse laissa place a un air plus humide. Autour de nous, des plantations de café, de bananes. Pas de doute, nous nous rapprochions.

Porteurs au depart de la route Machame
Porteurs a la pesee
Puis, en haut d'une longue et raide montée, un immense portail métallique s'ouvrit alors que nous approchions. Le véhicule franchit les portes qui se refermerent derniere nous. Et la, en un instant, la magie de notre aventure en prit un coup. En effet, le mythe de la montagne nous fait rever d'un endroit buccolique ou le chauffeur nous déposerait, un peu en rase campagne, et chacun se chargerait de ses affaires avant d'entreprendre notre marche. La, nous avons atterri sur un stationnement ou se trouvaient des centaines de porteurs qui étaient a se répartir les affaires de chacun des groupes. Proche de la porte du parc, une sorte d'enclos dans lequel s'entassaient une bonne soixantaine de ''mzungus'' (touristes blancs en swahili). Juste a coté de la concentration blanche, un bureau avec une immense vitre et 3 machines a carte de crédit. C'est la que, l'un apres l'autre, nous nous enrgistrions et présentions une derniere fois notre petite carte de plastique sur laquelle les autorités allaient prélever allegrement pas moins de 740$ par personne, droits d'entrée au parc obligent! Ouach... Quand notre tour arriva, je me suis preté au ''jeu'' (a-t-on vraiment le choix?). JM me suivit. Puis il vint me voir, un peu embeté. «Marius, pourrais-tu me rendre un service? Ma carte ne fonctionne pas...». Une chance que l'amitié existe!

Notre équipe formée, nos frais acquittés, nos petites personnes équippées, nous étions – cette fois-ci – réellement prets a partir pour notre grande aventure!

vendredi 31 décembre 2010

2010-12-31 Un ticket pour le toit de l'Afrique

Le lendemain matin, Joséphine appela «un cousin» qui organisait des tours et des excurions pour le Kilimajaro. Parfait, cela faisait partie de nos 3 objectifs de la journée: réserver notre asension du Kilimanjaro, envoyer un courriel pou dire que nous sommes bien arrivés et essayer de faire fonctionner mon téléphone avec une ligne téléphonique d'ici.

Le «cousin» nous conduisit jusqu'au centre ville tout proche. Il nous conduisit a un bureau glauque, situé dans le fond du lobby d'un hotel. Apres plus de 45 minutes a nous faire chanter des belles histoires, nous avons convenu d'aller voir ailleurs. Alors que nous cherchions le TTB (Tanzania Tourist Borad), un jeune garçon nous interpella: «TTB? TTB?». Un peu égarés, nous avons accepté qu'il nous y conduise, en sachant pertinemment ce que cela signifiait: étant lui-meme un rabatteur pour une «agence» qui organisait des tours, il nous collerait aux fesses jusqu'à ce que nous allions visiter son «employeur».

Au TTB, on ne nous donna pas beaucoup d'information si ce n'est qu'ils on un cartable avec la liste des agences enregistrées aurpres du ministere du tourisme ainsi qu'un porte carte contenant les agences «black-listées». Tres rare et au demeurant tres intéressant. Le conseil de la représentante était on ne peut plus simple: faites le tour des agences, comparez, et revenez ici pour vous assurer que votre choix est correct. Super!

Il existe 2 sortes d'agences: les agences tres structurées, se payant de gros bureaux richement décorés ayant pignon sur rue et qui vous pomettent une expérience exraorinaire. Avec un tarif qui est en lien avec les promesses. C'est souvent la que les personnes voyageant avec un certain standing vont réserver en pensant (car ce n'est pas toujours le cas) qu'ils vont en avoir beaucoup plus qu'ailleurs. Puis il y a des dizaines (voire des centaines) de petites agences, localisées dans des bureaux darriere cour, qui vendent des expéditions qu'elles sous-traitent la majorité du temps avec un tiers qui s'occupe de l'organisation. Tous les «packages» sont les memes. On choisi la route qu'on veut emprunter, la durée de l'expédition et le nombre de porteurs (bien que souvent déjà éabli). Mais toutes les prestations sont identiques, a quelques détails pres (tente de meilleure qualité, batons de marche fournis ou non, matelas plus épais, etc.).

Avec JM, nous nous sommes séparés les agences afin de gagner du temps. 2 heures plus tard, nous nous retrouvions pour comparer. Nous avons choisi une petite agence qui nous inspirait. Apres 2 heures de négociation, nous signions pour la route Macahame, en 7 jours. Pour nous accompagner: 7 porteurs, 1 cuisinier et 1 guide. Départ des le lendemain matin... le 1er janvier 2011.

Itineraire de la route Machame
Apres avoir mangé un moceau, nous nous sommes mis a la recherche d'un endroit ou envoyer un courriel. Étonnement, ce ne fut pas chose facile. Qui plus est, il était déjà 18h00 passées et les commerces commençaient a fermer, 31 décembre oblige!

Marche d'Arusha

Alors que nous demandions de l'information a une vendeuse de carte de téléphones, un jeune homme s'approcha de nous et nous proposa son aide pour trouver ce que nous chechions. Un peu mal pris, nous avons accepté. Apres avoir traversé la ville en passant par toutes sortes de quartiers et donc d'environnements plus ou moins accueuillants, nous sommes finalement arrivés a une boutique d'Internet. Peandant que JM commençait a envoyer des nouvelles, le jeune homme m'a conduit a un revendeur de cartes de cellulaire pour voir si mon téléphone foncionnait. La réponse fut non! Il fallait le faire débloquer...

Apres avoir pu a mon tour envoyer quelques courriels, nous sommes partis une fois de plus tous les 3 vers un endroit ou on pourait réparer mon téléphone. Nous avons terminé dans un corridor d'arriere cour. Un jeune homme se trouvait dans un local d'1 metre par 1 metre. En avant de lui, un ordinateur, un paquet de fils suspendus et des dizaines de cellulaires usagés. Il prit mon blackbery et pitonna sur son ordinateur. 20 minutes plus tard, nous insérions une puce de Vodacom Tanzania et j'avais un numéro de téléphone ici...

Il était 20h00 et tout le monde ramassait ses affaires ou fermait son étal pour rentrer chez soi. Avec JM, nous sommes remontés a pied jusqu'à notre hotel. Apres y avoir posé nos sacs, nous sommes retournés tous les 2 a l'endroit ou nous avions mangé la veille. Le gars des grillades sembla bien content de nous revoir. A l'intérieur, il y avait plus de monde que la veille et les regards nous dévisagerent a notre entrée. Mais nous nous sommes assis a une table, avons commandé 2 kilimajaro et les gens ont repris leurs discussions.

La place sentait l'alcool. Ici, la biere brassée dans les arrieres-salles se nomme la «banana beer» et se sert dans des bouteilles brunes sans étiquettes. Il faisait aucun doute que certains avaient attaqué la banana depuis plusieurs heures déja. A la table d'a coté, un client était dans ce cas. Il nous interpella a haute voix, dans un anglais tout aussi hésitant qu'imbibé de mauvaise biere. Il nous demanda si nous allions faire le Kili. Lui répondant que nous y allions des le lendemain matin, il haussa le ton, prétextant etre guide lui-meme, qu'il allait nous y amener et que nous devions annuler notre réservation. Il se leva et gesticulait en avant de nous. La scene dura plusieurs minutes. Il ne semblait pas y avoir de danger mais les gens autour contemplaient le spectacle avec une certaine impatince a le voir se terminer. C'est dans ces moments qu'on aimerait connaître tous les us et coutumes pour savoir comment agir. Restant calmes, sirotant notre biere en lui pretant une oreille désintéressée, nous avons laisser passer le temps. Puis un grand gaillard lui parla depuis sa table. Les 2 femmes assises a la table du soulon lui parlerent également. Ce dernier continuait son envolée lyrique... jusqu'à ce que le grand costaud se leve. Instantannément, le guide imprégné de banana reposa ses fesses sur sa chaise. Le grand costaud se dirigea au bar pour commander une autre biere. La situation était sous controle. Finalement, notre voisin de tablerevint nous voir mais avec une approche bien plus... contenue. Le ton était moins élevé mais le disours tout aussi incohérent. Nos assiettes arriverent, ce qui nous donnerait l'occasion de manger pendant qu'il parlait. Notre nouvel ami voulait échanger nos adresses de courriel. Sachant que cela nous donnerait quelques minutes de répit, JM lui demanda d'aller chercher papier et crayon pour noter la sienne. Finalement, JM prit pres de 20 minutes pour écrire la sienne (une adresse garage), prétextant mille etune interruptions (stylo qui ne fonctionne pas, nouvelle question a notre ami, distractions diverses, etc.).

Notre omelette finie, il était temps de rentrer nous reposer en prévision de la semaine d'ascension qui nous attendait. Nous avons quitté la place non sans quelques discussions de derniere minute et autres «happy new year» aux clients éméchés, mais toujours  accueillants et pacifiques. Une belle leçon de vie...

Puis nous avons remonté la rue de terre sans lumieres. Nous avons croisé toutes ces personnes qui s'en allaient sans doute feter la nouvelle année. Pour nous, ce nouvel an seraitau dodo.

jeudi 30 décembre 2010

2010-12-30 Nairobi-Arusha: la route. Quelle route?

Le taxi nous déposa en avant de minibus stationnés le long d'un trottoir. Sur Monrovia Street. En avant du «parkside hotel». Exactement la ou nous étions arrivés d'Arusha il y a 3 ans et ou nous avions passé 3 nuits avant de quitter pour Mumbai. Etonnant retour dans le passé...

En montant dans le minibus, les 2 places de la 1ere banquette étaient vides. Une aubaine! En effet, le pire endroit pour se retrouver dans un minibus bondé, c'est sur l'essieu arriere. Quand on roule sur une bosse, les amortisseurs usés et plus que solicités par la surcharge du véhicule ne font pas leur travail et laissent le douloureux travail d'amortissement a votre colonne vertébrale. D'autre part, a cause de son état, la route entre Nairobi et Arusha demeure jusqu'à ce jour une expérience traumatisante en termes de transport. Pire que la route de Luang Nam Tha au Laos. Pire que la route de Batad aux Philippines. Pire que toutes les routes jamais empruntées. Enfin, JM a des douleurs chroniques au dos. L'occasion était donc trop bone pour ne pas saisir ces 2 places vides. Premiere regle de voyage  mse en place lors de notre tour du monde: «Prends-le quand ça passe»!

Au cours des 2 premieres heures, la route fut tout a fait acceptable. Tres correcte meme. On pouvait voir les travaux majeurs qui avaent été faits pour améliorer la situation. Le passage a la frontiere fut un charme. 30 minutes et 50$ plus tard, nous étions rendus en Tanzanie. Mais la, les choses se dégraderet rapidement. Dumoins l'état de la route. L'asphalte disparu. Le rallye-rais pouvait alors commencer. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus de pilotes tanzaniens dans les courses automobiles? La mécanique cognait. Le moteur gémissait. Les pneus dérapaient. Le volant allait dun bord a l'autre et les passagers se trouvaient secoués comme dans une machine a laver le linge en mode «extra sale»!

A notre arrivée a Arusha, la nuit étant tombée depuis plusieurs heures, le chauffeur nous aida gentiment a trouver un endroit ou dormir. Ne trouvant pas notre bonheur dans des prix convenant a notre budget de backpackers, il nous a conduit dans un endroit qu'i connaissait. A vrai dire, mon bref souvenir d'Arusha était une petite ville avec une rue principale proposant quelques options d'hébergement intéressantes. Mais en tournant dans la ville avec le minibus, j'ai alors pris la mesure de la taille de cette ville de... 200000 habitants!

Le minibus arriva a une intersection et s'engagea dans une rue de terre sans éclairage et bordée de cabanes de bois ou s'alignaient de bars glauque et magasins fermés. La faune qui arpentait les lieux n'avait rien de tres accueillante. Et a 20h30 passées, il était clair que plusieurs avaient depuis longtemps abusé d'une biere de mauvaise qualité. La poussiere faisait apparaître les faisceaux des phares d'ou surgissaient des ombres ambulantes. Puis nous nous sommes engouffrés dans une petite ruelle sur la gauche. Un néon écairait le panneau annonçant un hotel. Un homme degrande taille ouvrit la porte sur haut portail et nous fit entrer. Une grande cour asphaltée et une belle batisse blanche bien entretenur contrastaient avec le quartier. On nous proposa 2 chambres qu'il nous fallut négocier. Ce soir, c'était chambre a part, toilette et douche dans lachambre, et surtout eua chaude! Puis s'en vint l'heure d'aller manger. En demandant a la dame de la réception quelle étaient nos options, elle se proposa de nous accompagner dans un des établissements de la rue pour y manger quelquechose. L'expérience restera gravée a jamais. Dans la noirceur, il n'était pas facile de nous identifier comme étant blancs. Mais lorsque nous sommes arrivés a la porte de l'établissement, le regard amusé et/ou étonné des personnes présentes nous faisait bien sentir qu'il n'était pas dans les habitudes que des blancs débarquent ici. La dame de l'hotel discuta avec le gars qui se tenait au BBQ en avant de la porte d'entrée (personne ne parlait anglais dans la place, seulement le swahili qui est la langue officielle en Tanzanie). Au choix, nous avions viande fumée, spécialit/ locale, ou bien brochettes de viande dans une omelette. A voir ladite viande fumée qui était suspendue dans le sairs, notre choix ne faisait aucun doute: ce serait les brochettes!

On nous assit tous les 3 a une table. La femme de l'hotel, Joséphine, connaissait bien les gens ici. La serveuse, toute intriguée et fort curieuse de notre présence, nous servit 2 «kilimanjaro», la biere d'ici. Puis nos assiette arriverent. Délicieuses. Nous avons passé plus d'une heure a rire avec les gens de la place. Nous ne parlions pas le meme langage mais l'ambiance était excellente, communiquant par geste ou par personne interposée, Joséphine faisant office de tradutrice. Ce fut un grand moment de rencontre avec des personnes qui, a mon avis, n'avaient peut-etre jamais eu l'occasion d'échanger de la sorte avec des occidentaux. Superbes insatants de bonheur partagé.